
Wild on the Farm est né d'un voyage profond à travers les lieux les plus sauvages du Panama. Après des années d'exploration, le fondateur a découvert cette terre intacte — et y a vu le cadre parfait pour un havre autosuffisant, où la paix, la nature et l'art de vivre s'harmonisent.

Né d'une boussole perdue, bâti avec passion et vision.
Il y a vingt ans, j'ai passé trois ans à arpenter les jungles et les montagnes du Panama. Mon quotidien ? Un hamac, des parcs nationaux et la ferme intention de me perdre volontairement. Après avoir parcouru les espaces sauvages du globe avec mes jambes migratrices, je suis arrivé là, chez moi…
En sortant de la forêt nébuleuse, après une semaine complète perdu dans le parc national de La Amistad, je suis tombé sur cette terre, abandonnée depuis huit ans. Là où d'autres auraient vu des ronces, j'ai vu mon chef-d'œuvre : l'endroit parfait pour m'installer (enfin !) et créer un refuge autonome en totale synergie avec la nature sauvage.
Ce qui m'a tout de suite fasciné ? Le microclimat. Un calme presque monastique, enveloppé par la jungle, qui offrait pourtant un spectacle grandiose : une vue plongeante sur le volcan Barú et le ballet incessant des nuages. La terre était vierge, et mon esprit, prêt à expérimenter une nouvelle façon de vivre.
J'avais du temps devant moi, les fonds nécessaires puisque je venais de vendre mon petit hôtel et centre de plongée de Roatán, et une folle envie de redéfinir l'art de vivre au sommet.
— Le Fondateur, Wild on the Farm

Vivre sous les tropiques, c'est un métier. Et après quelques décennies de pratique, je crois pouvoir dire que j'ai obtenu mon diplôme.
Ma première leçon commença dans les années soixante-dix, en Afrique. Trois ans parmi les chasseurs-cueilleurs, à user ma jeunesse dans des huttes traditionnelles sous une chaleur à faire fondre le bon sens. Éjecté de ce continent pour excès d'adaptation au primitivisme, me voilà jeté sur les routes, filant depuis le Nord canadien de Chicoutimi jusqu'aux confins de la Patagonie. C'était une Amérique latine en sursis, déchirée par les guerres civiles et les dictatures, encore vierge de touristes mais vibrante de ses traditions et de ses cultures indiennes préservées.
J'ai passé des années à fouiller chaque blessure et chaque beauté de ce continent. J'ai habité des plages désertes au Mexique ; j'ai partagé le quotidien des Lacandons et des Shuars en Amazonie équatorienne. C'est là, sur le Río Napo en 1981, qu'on m'arrêta pour espionnage à la frontière péruvienne, au milieu d'une guerre locale absurde pour quelques gouttes de pétrole. Puis vinrent les années d'art et d'artisanat, marquées par des incursions sur l'altiplano péruvien alors que le Sentier Lumineux ensanglantait le pays ; je voyageais alors caché sous les bâches des camions de marchandises pour atteindre San Pedro de Cajas. J'ai traversé la Patagonie en solitaire, chargé d'eau, sans boussole, et j'ai collectionné les bêtises dangereuses pour courir à des rendez-vous galants dans le Chili de Pinochet. Plus tard, je me suis fixé au lac Atitlán, fasciné par la merveilleuse culture des indiens Kakchikels au Guatemala. Je me suis passionné pour leurs tisserands et leurs huipils, ces vêtements traditionnels que toutes les communautés portaient fièrement avant que les fripes de la charité occidentale ne viennent ruiner ce savoir-faire millénaire.
Le tour du monde des tropiques m'a appris une vérité fondamentale : pour vraiment les apprécier, il faut prendre de la hauteur. Les tropiques ne deviennent parfaits que dans la fraîcheur de l'altitude. Aujourd'hui, devant l'hégémonie culturelle d'un monde devenu trop accessible et mortellement ennuyeux, j'ai choisi de me retirer dans un pli difficile d'accès de la Terre. La piste cahoteuse qui mène jusqu'ici ressemble peut-être à une attraction de Disney World, mais c'est l'unique chemin pour s'isoler, expérimenter les connaissances glanées le long d'une vie, et générer un peu d'harmonie dans l'aboutissement d'une existence sans chaînes…
Bienvenue dans mon paradis ultime.
— Le Fondateur, Wild on the Farm

Ce qui a suivi n'était pas une rénovation. C'était la naissance d'une terre, façonnée une terrasse à la fois.
Planter des arbres en sachant que le temps passe, c'est recevoir la plus belle des leçons : celle de la persévérance. Le profit immédiat n'est que le vide d'une époque éphémère, une course sans substance et sans joie qui ne fabrique que des êtres désertés de sens. À l'heure du dérèglement climatique et de ses catastrophes annoncées, j'ai choisi de parier sur la lenteur. Je préfère sculpter avec les années la beauté d'un paysage, faire éclore une nourriture saine en nourrissant d'abord la terre, et cultiver l'harmonie avec ce monde sauvage avec lequel je partage le secret de la vie. C'est exactement cette philosophie que je tends comme un miroir à ceux qui décident, le temps d'un séjour, de s'isoler avec nous.
Ici, les panneaux solaires ont été installés bien avant qu'il n'y ait quiconque à éclairer. Les macadamias ont été plantés en terre avec la certitude qu'ils ne donneraient aucun fruit avant quinze ans. Les moutons et les poules ont pris possession des lieux pour travailler le sol, des années avant qu'il n'existe une seule table d'hôtes à nourrir. C'est l'œuvre d'une vie de paysan, le legs d'un savoir et d'un acquis patiemment mûris.
Ce n'est qu'en 2025, dix-huit ans après le premier coup de pioche, que nos trois cabanes artisanales ont enfin ouvert leurs portes. Accrochées à la colline, elles ont été bâties avec la même patience obstinée que tout le reste : avec la complicité du temps, plutôt que dans l'urgence d'un calendrier.
— Le Fondateur, Wild on the Farm
"Je ne voulais pas construire un lieu qui donnait l'impression d'appartenir à cette montagne. Je voulais en construire un qui lui appartienne réellement — et cela signifiait laisser la ferme passer en premier, les hôtes en second."— Pascal, Fondateur