Propriétés nutritionnelles et bienfaits
Le muflier (Antirrhinum majus), que l’on appelle aussi gueule-de-loup ou gueule-de-lion — snapdragon en anglais —, est une fleur des coteaux rocheux de la Méditerranée, de la famille des Plantaginacées. Ses fleurs sont comestibles, mais soyons honnêtes : on les mange pour leur beauté bien plus que pour leur valeur nutritive. On en consomme quelques grammes à la fois, ce qui apporte surtout de la couleur — celle des anthocyanes pour les roses et les rouges, et d’un pigment jaune particulier, l’auréusidine, pour les jaunes et les orangés, des composés de la famille des flavonoïdes aux propriétés antioxydantes. La médecine populaire méditerranéenne utilisait autrefois la plante en cataplasme, un usage aujourd’hui tombé en désuétude. Trois précautions comptent vraiment : ne manger que des fleurs cultivées sans traitement — jamais celles d’un fleuriste ou d’une jardinerie, produites pour l’ornement —, n’en consommer qu’en petite quantité, et s’abstenir en cas d’allergie connue aux fleurs ou aux pollens.
Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et reflètent des usages traditionnels et communément documentés de cette plante. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas les conseils d'un professionnel de santé qualifié. Consultez toujours votre médecin avant d'utiliser une plante à des fins médicinales, en particulier en cas de grossesse, d'allaitement ou de prise de médicaments.
Comment le manger
Le goût du muflier est discret, légèrement végétal, avec une pointe d’amertume qui rappelle l’endive ; c’est avant tout une fleur de décor. On cueille les fleurs le matin, bien ouvertes, on les secoue doucement pour faire sortir les insectes, et on détache la corolle de sa base verte, qui concentre l’amertume. Elles se posent au dernier moment sur une salade, une assiette de fromages, un poisson cru ou un dessert, où leurs couleurs vives font tout l’effet. Elles décorent aussi les cocktails et les boissons fraîches, se glissent dans des glaçons, et se cristallisent au blanc d’œuf et au sucre pour orner les gâteaux. Leur légère amertume se marie bien avec les agrumes, le fromage frais et les vinaigrettes douces. Les fleurs se conservent un jour ou deux au réfrigérateur, à plat entre deux feuilles de papier humide.
Comment le cultiver biologiquement
Le muflier est une fleur de climat frais, facile et généreuse, qui fleurit pendant des mois si on la cueille.
- Semis en surface. Les graines, fines comme de la poussière, ont besoin de lumière pour germer : on les pose sur le terreau sans les recouvrir, et elles lèvent en une à deux semaines.
- Pincer les jeunes plants. Couper la pointe quand le plant atteint une dizaine de centimètres le fait se ramifier : on obtient plusieurs épis au lieu d’un seul.
- Soleil et sol drainé. Une terre ordinaire, enrichie d’un peu de compost, lui suffit ; il redoute surtout l’eau stagnante.
- Vingt-cinq à trente centimètres entre les plants, pour que l’air circule.
- Tuteurer les grandes variétés. Les épis peuvent dépasser un mètre et se coucher sous la pluie.
- Couper pour faire refleurir. Plus on cueille les épis, pour la table ou pour les bouquets, plus la plante en produit ; on supprime les fleurs fanées pour prolonger la floraison.
- Arroser au pied. La rouille, qui tache le revers des feuilles de pustules brunes, est la principale maladie en climat humide ; un feuillage sec et des plants espacés la limitent.
- Il se ressème. Quelques épis laissés à graines donnent des plants spontanés la saison suivante.
Le muflier au jardin
Le muflier pousse remarquablement bien à la ferme. C’est une fleur qui aime la fraîcheur : dans les pays tempérés, elle fleurit au printemps et s’essouffle dès les fortes chaleurs de l’été. À Horqueta, à 1 800 mètres, ces chaleurs n’arrivent jamais, et les mufliers enchaînent les floraisons pendant de longs mois. La photo montre l’une de nos planches, en lisière de forêt : des dizaines d’épis roses, orange et framboise, qui montent à hauteur de taille. Nous les cultivons au milieu du potager, sans aucun traitement — ce qui permet justement de les mettre dans l’assiette —, pour la cuisine, pour les bouquets et pour les bourdons. En saison des pluies, nous surveillons la rouille et nous coupons régulièrement pour aérer les touffes.

Les plantes amies (bonnes associations)
- Les tomates, les courgettes et les haricots. Les mufliers attirent les bourdons, qui pollinisent ensuite les légumes voisins.
- Les zinnias, les cosmos et les soucis. Ensemble, ils forment une bande fleurie qui nourrit pollinisateurs et insectes auxiliaires toute l’année.
- La laitue et les jeunes salades. Elles apprécient l’ombre légère des grands épis.
- Les choux. Une bordure fleurie à proximité attire les insectes qui régulent pucerons et chenilles.
Les plantes à éviter
- Les plantes envahissantes comme la menthe. Elles étouffent ses racines peu profondes.
- Les grandes cultures qui lui font de l’ombre. Il lui faut du soleil pour bien fleurir.
- Les coins détrempés. Il y pourrit, quelle que soit la compagnie.
Trucs à savoir
- Sa « gueule » s’ouvre quand on la pince. En pressant les côtés de la fleur, on la fait bâiller comme un petit dragon — un jeu d’enfant dans tous les pays.
- Seuls les bourdons savent y entrer. Il faut le poids d’un gros insecte pour écarter les deux lèvres de la fleur ; les abeilles plus légères restent souvent à la porte.
- Ses capsules de graines ressemblent à de petits crânes. Une fois sèches, elles montrent trois trous qui dessinent deux yeux et une bouche.
- Il a fait avancer la génétique. Les mufliers sont étudiés depuis le XIXᵉ siècle pour comprendre l’hérédité des couleurs et la formation des fleurs.
- Il change de nom à chaque langue. Gueule-de-loup en français, dragon en anglais, petite gueule de lion en allemand, « petit lapin » en espagnol, et « herbe poisson rouge » en japonais.
- Son nom latin parle de museau. Antirrhinum vient du grec et signifie « semblable à un nez ».
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