Propriétés nutritionnelles et bienfaits
La mûre est le fruit des ronces, des arbustes du genre Rubus, dans la famille des Rosacées — celle du framboisier, du fraisier et du rosier. C’est l’un des fruits les plus riches en fibres : une bonne poignée en apporte autant qu’une tranche de pain complet, pour très peu de sucre et de calories. Elle est aussi une bonne source de vitamine C, de vitamine K et de manganèse. Sa couleur presque noire vient des anthocyanes, des pigments antioxydants qu’elle contient en grande quantité, accompagnés d’acide ellagique ; ces composés sont étudiés pour leurs effets sur la santé cardiovasculaire et le vieillissement cellulaire, sans que l’on puisse en tirer de promesse thérapeutique. Les feuilles de ronce, riches en tanins, sont utilisées traditionnellement en infusion ou en gargarisme contre les maux de gorge. Peu de précautions, sinon que ses nombreux petits grains peuvent gêner les intestins sensibles, et qu’il vaut toujours mieux rincer les fruits cueillis près du sol.
Ces informations sont fournies à titre éducatif uniquement et reflètent des usages traditionnels et communément documentés de cette plante. Elles ne constituent pas un avis médical et ne remplacent pas les conseils d'un professionnel de santé qualifié. Consultez toujours votre médecin avant d'utiliser une plante à des fins médicinales, en particulier en cas de grossesse, d'allaitement ou de prise de médicaments.
Comment la manger
La mûre se mange d’abord nature, tiède de soleil, cueillie à la main. Comme elle ne mûrit plus une fois cueillie, il faut la prendre à point : entièrement noire, un peu mate, et se détachant sans résistance. En cuisine, elle donne des confitures et des gelées d’un violet profond, des coulis, des sorbets, des tartes et des crumbles, seule ou avec la pomme. En Amérique latine, la mora se boit surtout en jus et en batido, mixée avec de l’eau ou du lait puis filtrée pour retirer les grains. En version salée, une sauce aux mûres, relevée d’un trait de vinaigre, accompagne très bien le canard, le porc et les fromages de caractère. C’est un fruit fragile : il se garde un ou deux jours au frais, sans le laver à l’avance, et se congèle très bien, étalé sur un plateau avant d’être mis en sachet.
Comment la cultiver biologiquement
La ronce est une plante vigoureuse, presque trop : tout l’art consiste à la conduire plutôt qu’à la faire pousser.
- Une souche vivace, des tiges de deux ans. Chaque tige pousse la première année, fructifie la seconde, puis meurt ; la souche, elle, vit de longues années.
- Tailler après la récolte. On coupe à la base les tiges qui ont porté des fruits et l’on garde les jeunes tiges de l’année, qui fructifieront à leur tour.
- Palisser. Conduites en éventail sur des fils ou une clôture, les tiges restent aérées, les fruits sont propres et la cueillette devient facile.
- Soleil et sol frais. Une terre riche en humus, légèrement acide, couverte d’un paillage épais ; la ronce supporte la mi-ombre mais fructifie mieux au soleil.
- Multiplier par marcottage. L’extrémité d’une tige posée au sol s’enracine d’elle-même en quelques semaines — c’est aussi ainsi qu’elle envahit un terrain si on la laisse faire.
- Contenir les drageons. On arrache les pousses qui sortent hors du rang.
- De l’air contre la pourriture. En climat humide, la pourriture grise guette les fruits serrés ; un palissage aéré et une cueillette fréquente sont la meilleure prévention.
- Partager avec les oiseaux, ou poser un filet au moment de la récolte.
La mûre au jardin
Les ronces sont chez elles dans les montagnes tropicales : plusieurs espèces de mûres sont originaires des Andes et d’Amérique centrale, où elles poussent entre 1 500 et 3 000 mètres, dans des climats frais et humides comme celui de Horqueta. La mora fait d’ailleurs partie des fruits que l’on cultive traditionnellement sur les hauteurs de Chiriquí. Sans hiver marqué, nos ronces fleurissent et fructifient par vagues une bonne partie de l’année, et l’on voit souvent sur une même tige des fleurs, des fruits rouges et des fruits noirs. Celles de la photo poussent sur la pente, face à la vallée. Notre travail consiste surtout à les tailler et à les attacher, pour garder de l’air entre les tiges pendant la saison des pluies — et à cueillir avant les oiseaux.
Les plantes amies (bonnes associations)
- L’ail, la ciboulette et la tanaisie. Leur odeur est réputée éloigner certains insectes.
- La bourrache, la phacélie et les fleurs mellifères. Elles attirent les abeilles, indispensables à des fruits bien formés.
- Le trèfle et les légumineuses en couvre-sol. Ils nourrissent le sol en azote et le gardent couvert.
- La menthe et la mélisse au pied, qui profitent de la fraîcheur et de la mi-ombre.
Les plantes à éviter
- Le framboisier à proximité immédiate. Les deux partagent virus et maladies, qui passent facilement de l’un à l’autre.
- Les Solanacées (tomate, pomme de terre, aubergine). Elles peuvent laisser dans le sol une maladie, la verticilliose, à laquelle les ronces sont sensibles.
- Les cultures délicates que l’on ne veut pas voir envahies. La ronce drageonne et se marcotte : mieux vaut lui réserver une lisière ou une clôture.
Trucs à savoir
- Ce n’est pas une baie. Botaniquement, la mûre est un fruit composé : chaque petit grain est un fruit à noyau miniature.
- Mûre de ronce ou mûre de mûrier ? Le français utilise le même mot pour le fruit de la ronce et pour celui du mûrier, un arbre sans aucun lien de parenté.
- Comment la distinguer de la framboise. La framboise se détache en laissant son cœur sur la tige et reste creuse ; la mûre garde le sien.
- Il existe des variétés sans épines. Elles facilitent beaucoup la taille et la cueillette.
- Ses fleurs sont précieuses pour les abeilles. La ronce est l’une des grandes plantes mellifères des haies.
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